Lettre ouverte à Daniel Guémené, chercheur de l'INRA

Daniel Guémené est un chercheur de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) qui intervient fréquemment dans les médias français au sujet de la controverse sur le gavage. Il soutient qu’« aucun élément scientifique ne permet de dire que cette opération [le gavage] est une source de mal-être animal(*). »

Bien que chercheur d’un institut public, ses études sur les effets du gavage sur la santé et le bien-être des oiseaux sont en partie financées par la filière du foie gras.

Suite à l’interdiction du foie gras dans la ville de Chicago (cf. notre précédente actualité), Daniel Guémené vient d’effectuer un voyage dans cette ville pour participer à une campagne visant à revenir sur cette interdiction(**).

Nous lui avons adressé une lettre ouverte le 27 octobre 2006, consultable ici en format PDF, et dont le contenu est aussi reproduit ci-dessous.

Sources


Association Stop Gavage
Mairie
Place du Monument aux Morts
83630 BAUDUEN
contact@stopgavage.com

Monsieur Daniel Guémené
INRA – Centre de Tours
37380 NOUZILLY

COPIES A :
-Madame Marion Guillou, Présidente Directrice Générale
-Monsieur Jean-François Théry, Président du Comité d’éthique et de précaution
-Monsieur Jacques Samarut, Président du Conseil scientifique

LETTRE OUVERTE (publiée notamment sur http://stopgavage.com)

Recommandé avec A.R. n°

Bordeaux, le 27 octobre 2006

Monsieur,

Vous venez d’effectuer un déplacement à Chicago pour participer à la campagne visant à revenir sur l’interdiction de la vente de foie gras dans cette ville1. D’après les comptes rendus de la presse américaine, vous êtes « venu défendre l’idée que la recherche ne valide pas les affirmations des critiques2 » de la pratique du gavage.

En France, dans vos prises de position publiques en faveur du gavage, vous occultez des éléments factuels attestant de la nocivité de cette pratique pour la santé et le bien-être de oiseaux concernés. Ainsi, alors que les statistiques officielles de la filière française du foie gras donnent un taux de mortalité des animaux pendant la période de gavage plusieurs fois supérieur à celui de la période d’élevage (sans gavage) qui précède3, cette information est absente de vos communications aux médias français. De même, vous restez ici silencieux sur les nombreuses pathologies et blessures – mortelles ou non – provoquées par le gavage. Avez-vous mentionné ces effets nocifs du gavage lors de vos interventions aux Etats-Unis ? Je vous le demande car les comptes rendus de presse ne s’en font pas écho.

L’essentiel de vos recherches sur le gavage sont financées par la filière française du foie gras, par l’entremise du CIFOG. Avez-vous mentionné l’existence de ce conflit d’intérêt financier lors de vos interventions aux Etats-Unis ?

Quel(s) organisme(s) a financé les frais de votre participation à la campagne américaine ?

Je vous informe par ailleurs que notre association va prochainement publier un rapport sur les questions méthodologiques et de conflits d’intérêts que soulèvent vos recherches sur le foie gras.

Cordialement,

Antoine COMITI

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1 http://stopgavage.com/actu-chicago

2 The Chicago Tribune – 13 octobre 2006 – "Restaurant experts extend to aldermen new feel on foie gras"

3 Cf. les statistiques du programme RENAPALM publiées par l’ITAVI. Le rapport scientifique de 1998 de la Commission européenne (http://stopgavage.com/rapport) indique (pages 46 et 49) que le taux de mortalité des oiseaux en gavage est 10 à 20 fois plus élevé que pour des animaux en élevage.